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L’amour dans la religion – Partie 1

  • Photo du rédacteur: Juliette Mita
    Juliette Mita
  • 26 août 2018
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : 18 août 2019

« L’amour, c’est la nudité du corps et de l’esprit. »


Cet article a pour objectif d’éclairer le lecteur sur le point de vue que pose la religion sur l’amour à travers l’étude des trois principaux courants monothéistes, le christianisme, l’islam et le judaïsme, et de leurs textes sacrés respectifs. Si la philosophie se rapporte à la vérité, la théologie doit s’en tenir à la morale. Voilà pourquoi je ne cherche en aucun cas à affirmer des vérités se voulant être universelles, mais simplement à présenter les positions théologiques complexes avec le plus de justesse possible.


Chapitre I : Le couple


Ce premier chapitre a vocation à offrir une présentation générale du regard de la religion sur le sentiment amoureux et les relations de couple. Tandis qu’imams, pasteurs protestants et rabbins peuvent s’épanouir en amour et fonder une famille, les prêtres catholiques sont contraints au célibat et soumis au vœu de chasteté.


Avant de prétendre aimer l’autre, le christianisme préconise d’apprendre dans un premier temps à s’aimer soi-même, c’est-à-dire à avoir une connaissance appropriée de soi et du sens de sa vie. Par la suite, l’amour en couple doit être envisagé au quotidien et s’exprimer dans le don de soi et la liberté, cette dernière se réalisant dans un choix de vie pour mieux se donner à l’autre. Il se vit de surcroît à travers la tendresse et le don du corps dans la mesure où il est source d’une fécondité charnelle et spirituelle (dans l’ouverture aux autres). Il importe enfin pour aimer d’apprendre à écouter l’autre, à savoir de le recevoir tel qu’il est et non tel qu’on aimerait qu’il soit.


Ce qui importe le plus en matière d’amour chez les musulmans est l’action qui suit les sentiments. En effet, si un homme est épris d’une femme, il se doit de travailler pour lui prouver son amour et ainsi prétendre à l’épouser. Je tiens par ailleurs à rétablir la notion souvent mal comprise de polygamie en islam. Ce dernier est en effet apparu dans l’Arabie du VIIème siècle, société dans laquelle la polygamie était une pratique largement répandue. L’objectif de la religion a alors été de limiter cet usage en le régulant et en le soumettant à la contrainte de traiter équitablement ses épouses. Somme toute, si la polygamie est tolérée, elle n’en est pas moins fortement déconseillée comme en témoigne la Sourate 33 du Coran : « Dieu n’a pas placé deux cœurs dans la poitrine de l’homme … ».


Dans la tradition juive, le Talmud considère qu’il existe pour chacun de nous sept mazal, à savoir sept personnes qui nous sont destinées et susceptibles de nous convenir en amour. Ces mazal étant classés par degré, il convient à chacun d’agir avec le plus de droiture possible pour atteindre le meilleur d’entre eux. Cette idée nous renvoie à l’image selon laquelle Dieu aurait divisé notre âme en deux avant même notre conception. Les deux parties ainsi séparées auraient alors évolué dans deux êtres distincts et seraient chacun le zivoug de l’autre, à savoir son âme sœur.


Chapitre II : Le mariage


Le 9 décembre 1905, la France adopte la loi concernant la séparation de l’Église et de l’État ; à compter de ce jour, le mariage civil devra précéder le mariage religieux. Ce dernier revêt un caractère capital dans la mesure où il s’apparente à un accomplissement dans la religion. Si le christianisme et le judaïsme interdisent tout mariage avec une personne d’une autre religion, l’islam fait à ce sujet une exception.


La tradition islamique considère le mariage comme la voie par laquelle chacun se complète soi-même en trouvant sa moitié dans la religion. À cette occasion, la femme se voit recevoir de la part de son futur époux une dote qui se veut être symbolique et représentative de l’attention que celui-ci lui portera. Comme évoqué précédemment, il est intéressant de préciser que l’homme musulman est en droit d’épouser une femme d’une autre religion monothéiste, à savoir catholique ou juive, sous condition que celle-ci soit pratiquante. Cette disposition est réservée à l’homme car l’islam considère par soucis de protection que la femme musulmane sera d’autant plus épanouie auprès d’un homme de sa religion.


La religion juive considère l’institution du mariage comme une mitsva dans la mesure où il s’agit à la fois d’une mission et d’une bonne action. Cet acte d’amour est en effet perçu comme l’expression de la nature altruiste de chacun. Les deux âmes mettent ainsi de côté leurs besoins individuels pour s’engager pleinement dans le succès de leur relation. Le mariage est de surcroît un moment de bénédiction pour les personnes qui y participent, notamment pour la mariée car Dieu est à cette occasion particulièrement à son écoute. Une fois les deux amants unis, ils se voient recevoir leur kétouba, à savoir leur acte de mariage religieux.


Le mariage à l’Église s’inscrit dans les sept sacrements de l’église catholique. Perçu comme le signe visible de l’action de Dieu, celui-ci est indissoluble à savoir qu’il ne peut être rompu. À cette occasion, la puissance divine établit un lien sacré entre les époux et leur donne sa grâce afin de leur permettre de s’épanouir à travers leur union conjugale. Les mariés sont alors en mesure d’accomplir leur vocation, de vivre saintement, mais également de bien élever leurs enfants.


Chapitre III : Le divorce


Au sujet du divorce, on observe deux écoles au sein des courants monothéistes. Si d’une part le christianisme réprimande fermement tout acte venant rompre une union sacrée, l’islam et le judaïsme considèrent d’autre part qu’il peut s’agir d’une solution de dernier ressort envisageable.


Le divorce chez les juifs est autorisé et n’est pas mal perçu. Une personne divorcée est ainsi en droit de se remarier religieusement. Il s’agit néanmoins d’une solution de dernier recours dans la mesure où c’est une épreuve douloureuse. Il convient ainsi pour les personnes souhaitant divorcer de tout essayer pour sauver leur union avant de la rompre. Une exception subsiste toutefois : les Cohen (hommes), descendant de Aaron, frère de Moïse et ancien gardien du temple de Jérusalem, doivent se rapprocher d’un idéal de vie et ne peuvent en conséquence pas épouser une femme divorcée.


La tradition chrétienne interdit le divorce, à savoir que deux personnes ayant fait le choix de célébrer leur amour à l’Église se voit dans l’interdiction de rompre leur union, sous peine de ne plus avoir le droit de communier par la suite. Il est par conséquent impossible pour le ou la divorcée de prétendre à un second mariage religieux. Néanmoins, en cas de décès d’un des conjoints, il est possible pour le veuf ou la veuve de célébrer une nouvelle union religieuse.


Bien que peu encouragé, le divorce est autorisé dans la religion islamique. Il peut en effet être légitimé en présence de raisons sérieuses et réfléchis. Les deux époux souhaitant mettre un terme à leur union se voient alors accorder un délai de viduité, à savoir une période de trois mois durant laquelle ils doivent réfléchir à leur décision. Néanmoins, dans la mesure où l’on considère que deux époux ne seraient pas mariés sur terre si leur union n’était pas scellée au ciel, il n’est pas possible de banaliser le divorce ; aussi existe-t-il des limites à sa pratique abusive.


Chapitre IV : Les relations sexuelles


Il convient dans un premier temps de préciser que, quelles que soit la religion, les relations sexuelles ayant lieu en dehors des liens du mariage sont proscrites. Toutefois, leur appréhension diffère selon les différents points de vue théologiques.


À l’origine très mal perçues voire proscrites, les relations sexuelles ont petit à petit su se faire une place dans la religion chrétienne. Selon les textes originels, l’objectif de tels rapports devait se limiter à la procréation et non à la recherche du plaisir. De ce point de vue, toute pratique ayant pour vocation l’assouvissement de désirs charnels relève du pêché de chair, à savoir de la luxure, et il convient de favoriser l’abstinence. Ce positionnement a néanmoins su évoluer et on encourage davantage aujourd’hui la méthode naturelle de régulation, qui consiste à organiser ses rapports en fonction du cycle de la femme.


Les relations sexuelles sont encouragées dans le cadre du mariage musulman. N’étant soumises à aucune règle ni contrainte, les époux sont libres de transcender leur amour comme ils l’entendent. Toutefois les désirs charnels ne peuvent servir de prétexte à un quelconque égoïsme dans la mesure où il convient autant de rechercher son plaisir que celui de l’autre. Ces relations doivent enfin s’accompagner de gestes de tendresse afin d’allier le plaisir physique au plaisir spirituel.


Dans le judaïsme, les relations sexuelles sont bien vues dans la mesure où elle permettent de consolider le couple. Elles sont régulées par les lois de pureté familiale que sont les règles de Nida. Ainsi, les amants doivent séparer leurs lits pendant les règles de la femme, ainsi que la semaine suivante. Une fois cette période écoulée, la femme se rend au Mikvé où elle s’immerge dans le bain rituel ; les époux peuvent alors pratiquer leur amour comme bon leur semble. Cette coutume permet d’entretenir l’amour et conserver le désir entre l’homme et la femme.


À suivre …

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