Le plus grand internement de masse du XXIème siècle
- Juliette Mita

- 9 mars 2021
- 2 min de lecture
Article écrit pour l'association Nous Nous Dévoilons, en partenariat avec l'IODE (Institut Ouïghour d'Europe) : lien vers le site.
Au cours des années 2010, la situation des Ouïghours en Chine prend un nouveau tournant. Si l’effacement de leur identité culturelle était déjà le mot d’ordre, les méthodes employées commencent à atteindre l’impensable. L’arrivée de Xi Jinping à la tête de la république populaire de Chine va nettement contribuer au renforcement de l’oppression à l’égard de ce peuple.
Le gouvernement chinois a en effet pour projet la création d’une « Nouvelle route de la soie », qui doit passer par la région ouïghoure en raison de son emplacement géographique stratégique. Les populations locales sont ainsi perçues comme un obstacle au développement économique du pays. En outre, la culture ouïghoure dans son ensemble est considérée par les dirigeants comme une menace qui doit être contrée. On assiste alors à une intensification de la politique chinoise et à la mise en place d’un système de détention dans des camps de « rééducation ».
Une véritable campagne de répression se met alors en place : aller à la mosquée, lire le Coran, faire le pèlerinage à La Mecque, porter le voile sont autant de motifs d’internement dans ces camps dont les conditions vont au-delà de l’imaginable. Progressivement, de nouvelles preuves de pratiques inhumaines sont révélées : torture, viols, stérilisations forcées, trafic d’organes… Les détenus sont en outre contraints au travail forcé et utilisés comme main d’oeuvre par de nombreuses multinationales à la renommée mondiale (Nike, Zara, Huawei, etc) : 20% de la production mondiale de coton est produite dans ces conditions. Aujourd’hui, nous savons que plusieurs millions de Ouïghours sont actuellement enfermés par le régime chinois.
Face à l’atrocité, le silence des gouvernements du monde entier et la difficulté à reconnaître la réalité d’un génocide en cours. Rares sont les pays qui osent tenir tête à la Chine et sa puissance économique redoutable. En janvier dernier, le Royaume-Uni a affirmer sa volonté de bannir les importations de biens issus de la région. Le 24 février, le ministre des Affaires étrangères français Jean-Yves Le Drian a ouvertement dénoncé un « système de répression institutionnalisé » de la part de la Chine. Dès lors, il nous faut encourager une action concrète ainsi qu’une réponse coordonnée à l’échelle internationale.


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